Ouvrons la porte

Par un bel après-midi frais mais ensoleillé, lors d’une randonnée organisée du coté de la Pierre Pendue dans les Bois Sainte-Marie, je profite de la présence d’une brocantrice parmi les participants pour faire un crochet en direction de cette étonnante porte au nom intriguant.

Sur place, cette porte seule au milieu des prés est vraiment entretien parfaitement son mystère! Aucune explication.  Quelle est son histoire ? Pourquoi est-elle encore là? Sans doute une histoire invraisemblable!

La lecture des symboles, des gravures et des moulures présentent sur cette ruine par le passionnée d’histoire est un régal! Pleins de détails viennent à notre rencontre afin de connaître le sens d’ouverture de la porte, l’orientation de la maison, mais aussi les alliances qu’il y a pu avoir entre les familles, etc… Cela est sûr, cette demeure est particulière.

1637

Visible depuis la route menant à L’Isle, la mystérieuse porte orne fièrement cette date sur ses montants. On pourrait croire qu’il s’agit de la date de construction, mais pas forcément. J’ai lu plusieurs articles mentionnant que cet minuscule arc de triomphe vaudois était en lien avec l’histoire de la création de la Vallée de Joux!

Dans mon esprit, je sais qu’il s’agit d’un endroit qui était tenu par des moines et des nobles, et mon côté géobiologue dans l’âme me dit de sortir mes baguettes… L’orientation de cette porte est certainement intéressante!

Le Secret de la Licorne ?

Voilà, je me connecte pour détecter ce réseau sacré, et surprise… La porte est parfaitement alignée! Mieux que ça, le réseau fait l’exact épaisseur du mur! J’en reviens pas! J’avance de quelques mètres, les baguettes se recroisent rapidement. Je continue. Elles se recroisent à nouveau après quelques pas seulement. Etrange! Les mailles habituelles de ce réseau sont normalement beaucoup plus grande. Je franchis quelques lignes invisible en direction de la route, et tout d’un coup, les lignes invisibles reprennent un espacement « acceptable ». Je répète la même détection mais perpendiculairement. Et même constat. Les lignes sont plus serrées à ce qui semble être l’intérieur de la construction. Puis s’élargisse à nouveau dès qu’il semble que l’on sorte de la maison. Et encore plus étonnant, une des bandes fait exactement la largeur de la porte!

Une personne connaissant l’Art des Bâtisseurs est certainement passée par là!

J’avais entendu des légendes de temple gallo-romain sur une colline, une église disparue dans les bois et un tribunal Moyen-Âgeux dans le village. Et j’y connais un sentier spirituel peu fréquenté et un bloc erratique qui ferait un tour sur lui-même les nuits de Solstice… Voilà quelque chose de nouveau dans cette petite bourgade de Cuarnens! Peu surprenant que sur le drapeau communale du village figure une licorne en fin de compte!

 

Au Pieds du Jura

L’eau est présente partout en sous sol, d’ailleurs la Venoge s’écoule paisiblement juste à coté et un très ancien moulin se situe juste plus bas. Je fais fi de chercher de l’eau et je commence directement à rechercher les lignes du réseau Hartmann. Rien d’inhabituel. Mais quelque chose cloche. Une maison encore « debout », ayant une histoire importante dans la région depuis plusieurs siècles, selon les écrits que j’ai pu lire, a peut-être été construite par un Bâtisseur. Hop, je change de réseau et décide de voir ce qu’il en est avec le réseau Peyré positif, plus connu sous le nom du réseau Or ou réseau sacrée. Oui, oui, je vous parle bien de ces lignes parcourant le globe sur lesquels quelques grands architectes de l’époque ont décidés de construire des cathédrales tels que celles de Strasbourg, Chartes ou plus près d’ici, Romainmôtier et Lausanne.

 

On retouche le sol

Quand je fais des petites découvertes comme celle-ci… J’ai un peu toujours tendance à m’emballer. Et c’est à ce moment là que mon esprit cartésien d’origine fait appel à mon ami le mental pour remettre les pieds un peu plus dans le sol…

Je reprends quelques éléments, la date, l’utilisation potentielle de la bâtisse, la situation géographique, le développement architecturale de la demeure et en même temps, j’utilise Google. Oui, Google, cette mine d’infos. En recoupant quelques articles, j’apprends que l’endroit s’appelle « La Grange de Cuarnens », et que son histoire commence sur l’autre versant du Mont-Tendre… Plus précisement à la Vallée de Joux. Où un certain Dom Poncet, moine du monastère de Saint-Claude vint y fonder un ermitage au VIIème siècle. Le Lieu. Le Lieu de Dom Poncet dans son appelation complète. Se sentant un peu trop seul, l’ermite rentra chez lui quelques années plus tard, et Le Lieu resta inhabité pendant près de 500 ans.

 

L'an 1126 et le lac de Cuarnens

L’Ordre de Prémontré, ayant entendu parlé de l’ermitage, envoya des moines pour construire une abbaye. L’Abbaye. Mais les hivers étant long et rigoureux dans la vallée noire. Les moines se construisirent un second bâtiment près de Cuarnens, le domaine de la Grange…

Cet endroit devint le « centre administratif » des Prémontrés du lac de Joux, ou plutôt du Lac de Cuarnens à cette époque, selon les actes retrouvés datant du Moyen-Âge.

La vie y étant plus douce à cette altitude, les moines établirent un moulin où les premiers habitants de la Vallée de Joux devaient venir moudre leur blé après un long voyage qui les obligeaient à franchir le col du Mollendruz, certainement moins praticable qu’aujourd’hui. Et ainsi permettre de s’acquitter de l’impôt.

CRAIN L ETERNEL TON DIEV ET GARDE SES COMANDEMES

La porte du Château de la Grange

Un peu de math

Bon, à présent je me lance dans un petit calcul de probabilités…  Nous sommes en 2021 et le retour des moines sur l’Abbaye s’est fait en 1126… Pour se donner un ordre d’idée -> 2021 – 1126= 895. Cela voudrait dire que grossièrement, cet endroit était actif environ il y a 850 ans! On frôle le millénaire!!!

Sachant que l’Art des Bâtisseurs s’éteint dans les environs de 1350.. Il se pourrait bien qu’une maison de cette importance puisse être l’oeuvre d’un de ces grands architectes de l’invisible! 

La Maison du Diable

Vers 1536, la famille De Mestral fut propriétaire de cette noble grange et la rénova. En plein Ère baroque, au-dessus de la porte principale, les armoiries de la famille furent martelées à la révolution et au plafond du salon, une scène biblique dans laquelle figurait le diable fît son apparition. Puis les propriétaires abandonnèrent cet endroit au fil des années et des révolutions politique ou religieuse, et se fût quelques siècles plus tard, lorsque les enfants du village allèrent jouer dans les ruines, qu’en voyant les fresques, il lui valut son surnom de « maison du diable ».

La déchéance

En 1155, face à l’enrichissement rapide de l’abbaye, Saint-Claude se souvenant que Dom Poncet était arrivé 500 ans avant revendiqua son droit territorial car il avait occupé les lieux en premier, et un arbitrage fût nécessaire. Il renonça à son droit en l’échange d’un versement annuel de 160 truites! C’est ainsi que la Vallée de Joux resta aux mains d’un couvent vaudois au lieu  de devenir française pour un prix bien dérisoire.

Jusqu’en 1480, seul les moines avait le droit de pêcher dans les eaux du lac de Joux, excluant toute concurrence de la part des habitants. Cette situation aboutit sur un accord signé au domaine de la Grange de Cuarnens, permettant les gens du Lieu de pêcher pour leur compte un jour par semaine.

En 1536, lors de la Réforme, les moines furent « prié » de partir de partir ou de devenir protestant. L’abbé Pollens accepta de se « convertir », se maria avec une religieuse, Michèle de Savoie, et recevra de la part des Bernois en remerciement de sa docilité la jouissance de tout les biens du couvent, y compris le Château de la Grange. Puis, par descendance, la famille de Mestral le reçu en héritage et le restaura vers 1637, en ajoutant certainement cette porte. Puis, ce fût la déchéance. Au début du XXème siècle, la bâtisse historique était en ruine, la toiture effondrée. Les habitants utilisèrent les pierres pour élargir la route menant à L’Isle, et les planches des clapiers! Un des blocs de la fenêtre resta et fût sceller à la porte lui donnant l’aspect qu’on lui connait à présent, définitivement.

Drôle de sort pour un témoin historique vaudois de cette ampleur ayant un joué un rôle régional aussi important.

Plus de précisions

source des illlustrations: www.cuarnens.ch

800 ans d'histoire, ça laisse des traces!

Je crois que le titre se suffirait à lui-même pour comprendre ce que l’on ressens sur place. Il suffirait même de fermer les yeux pour voir les chariots de blés passés et ressentir les présences des moines en train de jardiner et s’occuper de cette vénérable demeure. Le Passé est encore très présent. Bien que géobiologiquement parlant d’autres endroits vibrent plus haut où possèdent des perturbations énergétiques plus particulières, cet endroit vous apportera beaucoup de sérénité et de curiosité. Il mérite le détour, il mérite que l’on y passe du temps, il mérite que l’on y vienne avec les baguettes de détection pour « s’amuser » un peu, car bien entendu, je vous ai laissé un peu de mystère à découvrir par vous même. 

Découvrir cet endroit ?

Une randonnée organisée passe par la porte de la maison du Diable.

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